Folco de Baroncelli est descendant d'une ancienne famille florentine qui dut s'exiler en Avignon pour insurrection contre les Médicis, au XVIe siècle.
En 1904, le marquis Folco de Baroncelli (1869-1943), félibre avignonnais, crée la Nacioun Gardiano, association s'engageant à maintenir l'élevage taurin, les traditions camarguaises et le costume traditionnel.
Il fait ses études à Nîmes où il se prend de passion pour les taureaux et la Camargue. Féru de littérature, poète lui-même, il adhère au mouvement littéraire fondé par Frédéric Mistral, Aubanel, Roumanville.
Après avoir vendu tous ses biens, le Marquis achète un mas, des chevaux, des taureaux, et mène la rude vie d'un gardian camarguais avec sa jeune épouse. De cette union naissent trois filles qui porteront le nom des héroïnes de Mistral.
Grâce à son intervention, en 1935, auprès de l'Archevêque d'Aix, l'Eglise autorise la procession de Sara dans les rues de la ville. Les premières processions de "Sara la Kali" escortée par les gitans, "la nation gardiane" et les Arlésiennes en costume traditionnel ne sont pas accompagnées par les représentants de l'église. Mais après la seconde guerre mondiale au cours de laquelle des centaines de milliers de gitans ont péri dans les camps de concentration, l'aumônerie catholique des gitans est créée. En 1953, les prêtres assistent à la procession de Sainte Sara.
La mémoire du Marquis de Baroncelli est encore très vivante aux Saintes Maries de la mer, pour avoir défendu la Camargue et ses traditions, pour avoir fondé la "Nacioun Gardiano", mais aussi pour son respect du peuple tsigane parmi lequel il comptait de nombreux amis.
Quand le vieux gardian, Marquis de Baroncelli, s'éteint, la Camargue et les gitans lui font des funérailles grandioses. On dit que les flamants roses "se sont abattus à droite et à gauche sur les étangs" et que plus de trois cents taureaux ont emboîté le pas au cortège funéraire.
Folco de Baroncelli, Marquis de Javon repose, suivant sa volonté ("Lorsque je serai mort, quand le temps sera venu, amener mon corps dans la terre du Simbeu, ma tête posée au foyer de ma vie, mon corps tourné vers l'église des Saintes, c'est ici que je veux dormir."), sur les terres de son dernier mas, "Lou Simbeu". Son tombeau, d'une grande sobriété, mérite une petite visite.
Juste un petit article pour les gens autant important que ce Monsieur a qui nous devons tout dans nos traditions